La rentrée du ministre délégué à la Sécurité sociale, aux Personnes âgées, aux Personnes handicapées et à la Famille
Philippe Bas : le point sur les réformes et « la » réforme
« Révolution » dans la scolarisation des handicapés ; nouvelles mesures pour protéger l'enfance en danger ; augmentation des aides aux familles nombreuses ; doublement des créations de places prévues en établissements pour personnes âgées. Pour chacun des secteurs de son activité ministérielle, Philippe Bas annonce au « Quotidien » des avancées concrètes et affiche ses ambitions. Pour la Sécurité sociale, il exclut toute mesure de restriction dans les remboursements ou d'augmentation des prélèvements : le gouvernement s'en remet à l'emploi pour garantir les ressources du système de protection.
" La politique des personnes âgées est d'abord une politique du nouvel âge actif(Photo S Toubon/"le Quotidien")
LE QUOTIDIEN - Les handicapés ont effectué leur rentrée scolaire selon les nouvelles modalités d'une circulaire que vous venez de signer. Pratiquement, qu'est-ce qui a changé ?
PHILIPPE BAS -Nous avons, depuis février 2005, une grande loi sur le handicap, voulue par le président de la République, pour assurer l'égalité des droits et des chances entre les personnes handicapées et les autres citoyens. La citoyenneté commence par l'école. C'est la raison pour laquelle le volet de la loi sur la scolarisation est si important.
C'est une révolution : auparavant, les parents étaient certes aidés, mais ils devaient accomplir ce que beaucoup d'entre eux ressentaient comme un parcours du combattant pour trouver une solution adaptée à leur enfant. Depuis cette rentrée, le principe, c'est l'inscription de l'enfant handicapé dans l'école de son quartier ou de sa commune. Dorénavant, un grand nombre d'enfants handicapés seront ainsi accueillis dans le cadre scolaire ordinaire.
Certaines associations s'inquiètent cependant et demandent si tous les handicapés pourront bénéficier de ce nouveau principe.
Dans l'intérêt même de l'enfant, il ne saurait y avoir de solution unique. Actuellement, la moitié des enfants handicapés sont inscrits dans des établissements de l'Education nationale, l'autre moitié est accueillie dans des établissements médico-sociaux qui dispensent à la fois une éducation et des soins adaptés. Ce qui change aujourd'hui, c'est que les parents n'ont plus la charge du parcours. Il revient aux services de l'Education nationale et de l'Action sanitaire et sociale de chercher et de trouver, en dialogue avec les parents, une solution personnalisée pour chaque enfant : l'école, un établissement spécialisé, ou la combinaison des deux, en élaborant ensemble le meilleur projet éducatif pour l'enfant.
AMELIORER TOUS LES ASPECTS DE LA VIE DES HANDICAPES
Quels sont les prochains décrets de la loi sur le handicap qui vont être publiés en priorité ?
Nous voulons améliorer tous les aspects de la vie d'une personne handicapée. Nous avons commencé par les textes concernant les ressources, notamment la garantie de ressources des personnes handicapées, qui vient d'être portée à 80 % du Smic ; nous avons ensuite mis en œuvre les conditions nouvelles de la rentrée scolaire. Il nous reste, pour janvier prochain, à mettre en place les maisons départementales du handicap, guichets uniques pour les personnes handicapées. Elles seront chargées d'apporter à chaque personne handicapée une aide personnalisée en fonction de ses besoins et de son projet de vie. Ce sera la nouvelle prestation compensatrice du handicap. J'y travaille avec les représentants du monde associatif, dans le cadre du Conseil national des personnes handicapées.
Et je n'oublie évidemment pas les dispositions de la loi sur l'accessibilité des transports, des logements et des équipements publics, qui exigent un énorme effort d'adaptation.